Ce matin il y avait du grésil quand nous sommes sorties à 7h30. J’avais récupéré en mendiant et gémissant un peu plusieurs morceaux de viande crue hier soir. Mamar préparait un stock de repas pour moi pour les 15 prochains jours. J’adore la viande crue mais ce matin ça me pesait un peu sur l’estomac. J’ai essayé de le calmer un peu (mon estomac) en broutant les graminées qui poussent en touffe le long du batiment Esclangon. Plus loin, quand nous sommes passées devant la boulangerie, j’ai cru que Mamar allait me faire asseoir et poser ma laisse sur le trottoir pour acheter une baguette et des croissants, mais non, elle est passée sans s’arrêter.
Quand j’étais petite, c’était l’été, elle avait peur qu’on me vole ou que je coure me faire écraser. Elle m’attachait à ce qui se trouvait près de l’entrée du magasin, un siège pliant, une poignée de porte. Plusieurs fois je me suis fait dégringoler un siège dessus à grand fracas ou j’ai refermé la porte du magasin en tirant. Ce qui fait que j’adore et je déteste qu’elle dépose ma laisse à côté de moi pour entrer dans un magasin.
J’étais soulagée, nous avions dépassé la boulangerie. Je l’ai regardée dans les yeux en frétillant et remuant la queue. Elle a compris et m’a serrée contre ses jambes en me caressant et me disant des mots tendres. Il faisait froid, nous n’avons pas trainé dehors.

