Chic ! B nous a invitées à passer une semaine à la mer. L’avis de tempête diffusé à la télé ne nous a pas du tout découragés. Mamar a décidé de réserver deux sièges côte à côte en première classe dans le TGV pour Niort. Comme ça mes 28kg affalés sur la moquette ne gêneraient pas les autres voyageurs. C’était compter sans les contre attaques de la SNCF. « Vos préférences de placement n’ont pu être prises en compte » a répondu le site de réservation. Nous atterrissions dans un carré famille où les voyageurs face à face doivent mettre leurs jambes en quinconce en évitant le gros pied d’une tablette centrale. Exclu de rajouter un boxer dans cette configuration, à part couché dans le couloir ce qui est bien sûr gênant pour le passage.
En recommencant depuis le début le processus de réservation (technique classique de solution des bugs informatiques) est ce qu’on pêche mieux ?
– Un duo face à face – pas terrible.
Au bout d’un certain nombre de tentatives, Mamar a opté pour le duo face à face se disant qu’un jour de semaine il y aurait probablement de la place et qu’on aviserait. Effectivement, à l’aller, le train était presque vide et nous avons trouvé une encoignure où j’ai pu me poser sans gêner. Après la correspondance, le plancher du TER vibrait terriblement empêchant de rester couché dessus longtemps mais les arrêts étant fréquents et je pouvais me distraire en reniflant les bagages des passagers qui montaient.
Ca s’est corsé le vendredi pour le retour. Les habitants de la région de Niort semblaient avoir décidé d’aller tous passer le week end à Paris – le TGV était complet. Nos places étaient réservées dans un carré-famille semi encagé dans un cube de plastique. Nous étions censés le partager avec un couple bien sous tous rapports. Ca paraissait mal parti. Heureusement un second couple BSTR avait réservé les sièges en face du cubicule. Comme ils se plaignaient amèrement d’être dans le passage, B leur a proposé d’échanger avec nous pour intégrer l’abri du cubicule. Nous nous sommes donc retrouvés tous les 3 dans un duo face à face. Une fois les passagers de Niort installés, nous avons essayé de nous ranger. B a allongé sa jambe (JB) dans le couloir pendant que Mamar suspendait les siennes (JM) en posant les pieds sur la petite marche qui longe la paroi du train. Je me suis enfilée dans l’espace libéré par leurs jambes.

Au bout d’un moment dans cette position acrobatique Mamar a commencé à avoir des crampes et elle a finalement préféré poser les pieds sur le sol devant son siège. J’ai donc fini étalée dans le couloir.
Un contrôleur passant par dessus mon corps allongé a fait remarquer que j’encombrais le couloir. Mamar a rétorqué que je ne serais pas dans le couloir si la SNCF lui laissait la moindre chance de garer son chien.
– « La SNCF n’est pas à votre disposition » a rétorqué le contrôleur, « avec un chien de cette taille vous devez voyager sur la plateforme. Et il doit porter une muselière. »
– D’accord pour la muselière mais je ne suis absolument pas censée voyager sur la plateforme a rétorqué Mamar.

Et de fait comme vous le voyez ci-dessus les strapontins de la plateforme sont situés juste devant la porte du wagon ce qui fait qu’on empêche à chaque arrêt les voyageurs de monter ou descendre. La plateforme de notre train abritait de plus un chariot à roulettes grillagé probablement destiné à proposer de la nourriture. Ce chariot était garé dans un renfoncement qui remplaçait l’espace bagage que l’on voit à droite sur la photo. Par deux fois, au moment où le TGV abordait une courbe, le chariot est sorti de son encoignure pour aller se fracasser à grand bruit sur les strapontins (je pense que les contrôleurs l’ont récupéré et remis à sa place après la première fois). Tout ça ne donnait pas tellement envie de s’installer sur cette plateforme. Pourtant Mamar me dit que dans le temps, quand le train etait trop plein et qu’elle n’avait pas de réservation, elle voyageait souvent avec sa boxer et son sac à dos sur la plateforme. C’était paraît-il beaucoup plus abrité que maintenant. Elle dit que ça sentait plus ou moins mauvais parce que le renfoncement des strapontins était en face des toilettes.
Le contrôleur était radouci au moment du contrôle des billets, s’étant peut-être remémoré entre temps les directives d’amabilité du service commercial de la SNCF. Il nous a expliqué que beaucoup de gens encombraient les couloirs avec des poussettes, des valises ou des chiens et que c’était un problème pour la circulation et la sécurité des autres passagers. Ce qui est évidemment vrai.
Si la SNCF se considérait comme « à la disposition de ses usagers », elle augmenterait peut-être le nombre d’espaces pour bagages encombrants au milieu des rames (les voyageurs aiment garder un oeil sur leur poussette), elle n’imaginerait pas être uniquement utilisée par des hommes d’affaire et des familles avec 2 enfants. Elle pourrait donner le choix à ses divers usagers de choisir moyennant finances d’avoir de la place pour leurs jambes raides ou leur chienchien ou leur petit sac de voyage pour petite dame pas assez grande pour atteindre l’étagère à bagages. Au lieu de faire varier largement le prix des places pour des raisons occultes qui tiennent de la loterie, si ,après enquètes (http://designtank.sncf.com/) sur ce qui serait pour eux confortable la SNCF proposait à ses usagers d’acheter leur confort il lui en seraient probablement reconnaissants.
PS: Il nous est déjà arrivé de voyager dans des wagons plus confortables que ceux du TGV Paris-Niort.

