En bien ça se confirme ! La nutritioniste de Maisons Alfort l’a répété, la nourriture ménagère n’est pas du tout équilibrée, surtout pour une chienne gestante ou allaitante ou pour des chiot en croissance rapide. Comment se fait-il qu’un régime très carné comme celui que je reçois se révèle aussi carencé ? En tout cas la nutritioniste m’a prescrit un complément alimentaire à mélanger avec ma nourriture habituelle. Une poudre gris-beige, légère, riche en Calcium, phosphore et autre oligo elements et vitamines. En plus, j’ai droit à deux grandes cuillers à soupe d’huile de colza. Si j’acceptais d’ingérer ces additifs, je ne manquerais plus de rien. Malheureusement, le complément en poudre me donne des hauts le coeur et ma langue se révulse au contact des flaques d’huile. Résultat je laisse toute ma nourriture améliorée avec une telle constance que Mamar craque à l’idée que je ne mange pas pendant que les chiots grandissent sans aucune pause. Elle croit qu’il ne restera plus rien de moi si ça continue et décongèle une nouvelle portion qu’elle me sert sans additif et que j’avale. Pourtant, contactée par mail la nutritioniste reste très alarmante : faute de suppléments minéraux et vitaminiques, je serai très carencée à l’issue de ma grossesse et surtout la lactation va pomper toutes mes réserves. La morale de l’histoire : non seulement il est irresponsable de mettre au monde des chiots quand on n’est pas éleveur mais le comble de l’irresponsabilité c’est de s’amuser à donner de la viande à un chien sans tenir compte de ses besoins réels : les croquettes pour chiennes gestantes seules à même de préserver sa santé. Maintenant que j’ai l’habitude de manger ma viande et de farfouiller dans les caniveaux du marché pour les os, le passage en force conseillé vers un régime tout croquettes spéciales ne pourrait se faire qu’au prix de plusieurs jours de jeûne. Mamar rigole jaune : elle s’en fait pour moi.
Le problème de la nourriture ménagère semble être lié à la représentation qu’on se fait du repas d’un carnivore. On lui fournit de la viande, il a son dù. En fait si on imagine ce que je serais capable d’attraper sur la base de mes exploits réels, on trouve des oiseaux, des lezards, des taupes et des musaraignes, un faon de chevreuil très jeune peut etre, un lapin ou un lapereau. Que je mangerais entiers ou presque. La viande ne serait qu’une partie modeste de ma ration qui contiendrait beaucoup de peau, de poils ou de plumes et des os.
Ce qui manque au chien abonné à la nourriture ménagère, c’est donc ce qu’apportaient la peau, le poil, les plumes et surtout les os. Pour parer au plus pressé Mamar va essayer de me faire ingérer ce qui me manque sous forme de comprimés. Ensuite nous verrons à adapter la nourriture ménagère en y ajoutant des os, nous trouverons sous quelle forme et de la peau.

Actuellement elle hésite pour les plumes : la dernière fois que j’ai essayé d’attraper un pigeon entré par erreur et qui s’était à moitié assommé sur la fenêtre en me voyant je ne suis pas arrivée à l’avoir tellement je devais cracher de plumes.

