Pour la troisième fois, l’association L214 dévoile des actes de cruauté et de maltraitance animale filmés en caméra cachée dans un abattoir français.
D’après Le Monde,
« La vidéo témoigne de pratiques d’abattage choquantes et manifestement illégales de bovins, de veaux et surtout d’agneaux de lait – des animaux de moins de 45 jours, pas encore sevrés –, au lendemain de la fête de Pâques. »
« Je suis effondré, catastrophé, réagit, après le visionnage des vidéos, Gérard Clémente, directeur de lʼabattoir depuis quarante ans, à deux mois de la retraite. Je suis très souvent dans mon abattoir, jʼai essayé dʼaméliorer les conditions dʼabattage depuis des années, et là, on tourne le dos, et des employés frappent les bêtes. On est cuits. » Lʼhomme assure quʼil va congédier les salariés, tout en incriminant les cadences de travail : « Il faut tuer 15 000 agneaux en quinze jours pour Pâques. Si on travaillait plus sereinement, ils ne commettraient pas ce type dʼaction. » http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/03/29/un-nouveau-cas-de-cruaute-mis-au-jour-dans-un-abattoir-francais_4891669_3244.html#Axl8F5AxGAHQbAYy
Nous nous sommes regardées en nous posant deux questions :
– Y a-t-il urgence pour deux amatrices de viande comme nous à combattre la maltraitance des animaux dans les abattoirs (ou ailleurs) ou faut-il laisser ce souci aux végétariens et autres vegans ?
– Pourquoi faut-il tuer autant d’agneaux à Pâques ? surtout si on finit par les écarteler vivants faute de temps.
Commençons par la deuxième question.
Il est facile de comprendre pourquoi tant de moutons sont proprement égorgés – et beaucoup s’en émeuvent – pour l’Aïd-el- Adha, une fête musulmane qui commémore le sacrifice manqué de son fils par Abraham. En effet, Isaac (ou Ismael) est sauvé in extremis du parricide par le mouton, apparu opportunément, qu’Abraham tue en lieu et place de son fils. Mais qu’en est-il de Pâques ?
J’ai souvenir de pieuses et mièvres représentations du Christ portant un agneau pascal. Elle ne semblaient pas inciter particulièrement au sacrifice de l’agneau. En tapant agneau pascal sur Google/images, le moteur de recherches retrouve des images qui ne portent ni au sacrifice ni à la consommation. Il s’agit de représentation du Christ en « Bon Pasteur » protègeant tendrement ses ouailles.

En fouillant un peu, une autre représentation ovine du Christ se dégage, celle de « l’agneau de Dieu ». Une recherche « agneau de dieu » montre l’agneau comme victime sacrificielle associé au martyr sur la croix. On sent bien ici que l’avenir de l’agneau est le sacrifice.

Pourtant il me semblait que Pâques commémorait la résurrection du Christ.
Une recherche « Pâques » sur Wikipedia me met au parfum :
« La fête chrétienne est multiple. Elle commémore à la fois la dernière Cène instituant l’eucharistie, la Passion du Christ et sa Résurrection. »
Le sacrifice chrétien de l’agneau pascal aurait une origine biblique:
« Selon la bible, les juifs avaient reçu l’ordre de sacrifier un agneau indemne de toute tare et d’en badigeonner le sang sur les montants des portes afin que les puissances qui viendraient détruire les premiers nés égyptiens lors de la dixième plaie, passent au dessus de ces portes sans s’arrêter. Chaque année les juifs commémorent cet événement lors de la fête de Pessa’h. La Passion du Christ s’étant déroulée, selon les évangiles, durant ces célébrations, le christianisme a recyclé cette fête et sa symbolique, le Christ devenant l’agneau immolé pour sauver l’humanité de ses péchés »
Comme quoi toutes les religions partagent l’envie de sacrifier et manger les agneaux, les fabulistes et leur loup aussi. Tout ceci ne semble nullement justifier qu’on les martyrise avant de les manger. Encore que si on associe l’agneau à la Passion du Christ …
Ces carnages rituels ont comme conséquence indirecte que Chtah peut parfois goûter au délice de la chair d’agneau : l’excès de gigots produits pour ces occasions festives atteint la date de péremption au bout de quelques mois. Il sont alors superbradés en tant que « promotions » dans notre supermarché de campagne et Chtah a deux fois partagé l’aubaine avec ses humains.

