Fluctuat nec mergitur

Comme on ne parle que de crues, nous sommes passées ce matin voir où en était le Jardin Tino Rossi.

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Il n’était pas totalement désert. Dans la partie émergée de nombreux photographes, certains très bien équipés, d’autres brandissant seulement leur smartphone, immortalisaient un paysage de Brenne où surnagent de petits ilots de verdure.

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Les canards y plongent pour brouter les fleurs des plates bandes noyées. Les statues qui émergent montées sur le rocher de leurs socles de pierre ressemblent à des phares tarabiscotés.

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Dans le carré de jeux, les tobogans plongent dans des flaques.

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J’ai pu courir un peu sur les pelouses hautes encore à sec et courser deux couples de canards en me mouillant les pattes. Je serais surement arrivée à en avoir un mais Mamar ne veut pas que j’approche de certaines rives de peur du courant.

Le local des jardiniers, implanté très bas, vient de faire l’objet de longs travaux de rénovation. Il est complètement inondé par la crue. Local inondé, les 3/4 du jardin inaccessibles, il y aurait de quoi se mettre aux intempéries.

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Pourtant, les jardiniers sont là. Sur la dalle qui couvre la partie haute du jardin un peu au dessus du niveau de la voie rapide quai Saint Bernard, ils s’affairent, taillent les boules de buis, plantent de nouvelles essences. Comme nous nous inquiétions de leur local ils nous ont dit s’être réfugiés square Paul Langevin pour leur vestiaire. De même qu’ils continuent à maintenir le jardin fleuri en toutes saisons, sa beauté indéfiniment renouvelée par leurs soins, qu’ils supportent les dégats causés par les très nombreux usagers du jardin (moi par exemple), endurent parfois leurs incivilités, ils acceptent les sursauts du fleuve et la météo peu clémente.

Nous les admirons. Et avec eux tous ces inconnus qui donnent à la société plus que le minimum. Sans s’en prévaloir et sans chercher à y vivre de rapines.

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